« Au revoir France » – Ces produits en quête de seconde vie

Au Burkina Faso, tout comme dans d’autres pays africains, on assiste à une forme de « négoce », un business nouveau, dont les boutiques poussent de part et d’autre et envahissent tous les secteurs d’activités, informels et d’autres. Bref, tout ce qui rapporte aux termes d’échange.


On ne peut compter un, deux, trois, quatre sans que le ou la cinquième boutique ne soit celle de vente de matériel venu de l’autre côté de la mer rouge aux fins d’espérer une seconde vie. Ce commerce fleurissant dont les produits de vente sont connus par le grand public, par le vocal « au revoir la France » ou « France au revoir ». Ce sont de divers matériels venant de l’Europe ou tout simplement hors du continent africain, allant de l’automobile, de l’électroménager, de l’immobilier, des vêtements et j’en passe.

Ces boutiques poussent partout et dans n’importe quel endroit de la ville. Elles s’en foutent d’enseigne indicateur ou de panneaux, enfin rien ne déplaise au système publicitaire. On les repère facilement grâce à leur site pareil à un entrepôt de travaux publics. Ladite boutique vomissant, refuse tout simplement son contenu en raison de l’exigüité des maisons pour ce type de marchandise. On les repère également dans un lieu donné grâce à un attroupement fou et là, les connaisseurs disent qu’il y a nouvelle arrivage. L’affluence s’explique par le fait que dans un premier temps les prix sont, selon les grands consommateurs de ces produits, à la portée des uns et des autres et en second temps la rareté des produits, que l’on trouve nul par ailleurs que dans ces lieux.

Ce commerce à son système de vente et de marchandage propre à lui qui l’isole de la vente connue ou traditionnelle. Sa manière de vente s’articule autour du « tout risque », c’est-à-dire que si vous retrouvez l’objet de votre choix après marchandage vous devez payer sans toutefois l’essayer. Il n’y a pas d’essai, n’en parlons pas de garantie ni de service après vente. Une fois l’achat fait, si par chance votre poste téléviseur, votre congélateur que vous venez acquérir fonctionne parfaitement, tant mieux, dans le cas contraire, tant pis.

Ces promoteurs de boutique sont, la plupart du temps, nos ressortissants vivant en Europe qui organisent avec leurs frères, parents, sœurs et cousins restés au pays en leur envoyant les matériels de récupération ou matériels en quêté de seconde vie de leur pays hôte.

Cela ne peut être sans conséquence pour nos artisans en place. Le jeune menuisier qui a confectionné ses jolis meubles se retrouve face à un concurrent redoutable. Pareil pour le couturier qui voit de jour en jour ses clients déserter son atelier au profit des boutiques de friperie (bien sûr de l’ « au revoir France »).

Faut-il sensibiliser ou interdire strictement ces boutiques au-revoir qui amènent le consommateur à dire au revoir à l’artisan local ?

Ce qui est sûr, la présence de ces boutiques et de leurs produits est sans doute un mal nécessaire. D’une part le citoyen moyen y trouve son compte qui, à défaut de payer le neuf, se rabat dans ce marché et, d’autre part, l’artisan local n’a plus que ses yeux pour pleurer les fruits de ses efforts. La question mérite réflexion.

N’oublions pas d’avoir des comportements à encourager nos braves artisans en prenant l’habitude de consommer ce que nous produisons et de produire ce que nous consommons. Si la vie de ces boutiques semble être bien à la première vue, elle n’est pas bénéfique et d’ailleurs, si ces produits n’ont plus le droit de vivre en Europe, nous estimons donc qu’il n’y a pas question que ces produits peuvent espérer une seconde vie et, de surcroît, être revendu ici à défaut d’être gratuit.

Zcult

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Maxime Compaore
Maxime COMPAORE est natif du pays des hommes intègre (BURKINA-FASO). Courtier art & Culture, il se défini comme un autodidacte culturel. Promoteur de zembalaculture Burkina faso. Agitateur, entrepreneur culturel. Blogeur, Manager d'artiste. la culture est la seule qui peut nous resté dès qu'on nous confisque tout.

2 comments on “« Au revoir France » – Ces produits en quête de seconde vie

  1. jean baptiste kouadio

    ça prendra le temps qu’il faut mais je reste certain qu’en économie la france perdra l’afrique de l’ouest.
    Ils ne sont pas les plus intelligent,alors qu’ils arretent de continuer de nous prendre pour des sous-hommes.
    La libéralisation économique n’est pas seulement pour eux .Au moment où ils vont en chine , au japon et autres inde,dubai pour chercher ce qui est convenable ils pensent pouvoir continuer de nous imposer leurs produits.
    Comment concevoir qu’en 2011 on peut demander aux habitants d’une partie de ce grand village planétère de ne consommer que ce qui vient d’un pays aussi puissant soit il.
    Quand l’Afrique se débarrassera de ses chefs qui ne pensent qu’à leurs petits ventres et ceux des membres de leurs clans, alors les choses changeront.Pour ma part j’ai foi en une AFRIQUE libre sur tous les plans.

  2. Hermann Georges D NEBIE

    Bonsoir je suis HERMANN NEBIE cineaste j’aimerai si possible vous rencontrer je prepare un documentaire sur le sujet merci . Mes contacts: 62861222/ 76442979 ou nebiehermann@gmail.com
    Salutations dintinguees.

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